L’essentiel
- Pour un meublé non classé, la commune vote un taux compris entre 1 % et 5 % du prix de la nuitée par personne, dans la limite d'un plafond [1].
- Le département peut ajouter 10 % de ce montant [2]. En Île-de-France s'ajoutent 15 % et 200 % [2] ; dans les communes concernées par trois projets de ligne nouvelle, 34 % [2].
- Sur les 1 568 communes de l'annuaire Hospia comparées, le taux le plus courant est de 5,5 % : 658 communes l'appliquent [3].
- 93 communes dépassent 7,2 %, toutes en Île-de-France, jusqu'à 16,25 % [3].
- Les plateformes qui encaissent le paiement collectent la taxe pour les loueurs non professionnels [11] ; en réservation directe, c'est à l'hôte de la reverser.
Comment est fixée la taxe de séjour d'une commune ?
La taxe de séjour par commune est votée par le conseil municipal, ou par l'intercommunalité quand elle a pris la compétence [1]. Pour les meublés classés, la collectivité choisit un tarif en euros par personne et par nuit, à l'intérieur d'un barème national revalorisé chaque année. Pour un meublé non classé, elle vote un pourcentage : le tarif applicable est compris entre 1 % et 5 % du coût par personne de la nuitée, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité [1].
Le coût de la nuitée s'entend hors taxes [1].
Un logement loué 150 € la nuit à quatre personnes coûte donc 150 ÷ 4 = 37,50 € par personne : c'est sur ce montant que s'applique le pourcentage.
Les collectivités déclarent leurs tarifs dans l'application DELTA de la direction générale des Finances publiques [2]. C'est cette base, publiée en données ouvertes, que nous avons lue pour les 1 568 communes de l'annuaire Hospia qui y ont un taux de meublé non classé [3].
Pourquoi le taux varie-t-il autant d'une commune à l'autre ?
Parce que le taux voté par la commune n'est que la première couche. Des taxes additionnelles s'y ajoutent, calculées en pourcentage de la part communale [2].
| Couche | Taux | Où elle s'applique | Source |
|---|---|---|---|
| Part communale | de 1 % à 5 % du prix par personne | toute commune qui a institué la taxe | [1] |
| Taxe additionnelle départementale | 10 % de la part communale | départements qui l'ont votée | [2] |
| Société des grands projets | 15 % de la part communale | Île-de-France | [2] |
| Île-de-France Mobilités | 200 % de la part communale | Île-de-France | [2] |
| Lignes nouvelles LNPCA, GPSO ou LNMP | 34 % de la part communale | communes concernées par ces projets | [2] |
La taxe additionnelle départementale de 10 % [2] est prévue à l'article L. 3333-1 du code général des collectivités territoriales, et seuls les départements qui l'ont votée la perçoivent [2]. Les taxes régionales financent des projets de transport : en Île-de-France, 15 % au profit de la Société des grands projets et 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités [2]. Dans les communes concernées, une taxe de 34 % finance la Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur, le Grand projet du Sud-Ouest ou la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan [2].
Ces couches s'additionnent en pourcentage de la part communale. Le tableau applique les taux de [2] à un même taux communal de 5 %.
| Cas | Calcul | Taux payé | Taux de départ |
|---|---|---|---|
| Sans taxe départementale | 5 % × 1 | 5 % | [2] |
| Avec taxe départementale | 5 % × (1 + 10 %) | 5,5 % | [2] |
| Département et ligne nouvelle | 5 % × (1 + 10 % + 34 %) | 7,2 % | [2] |
| Île-de-France avec département | 5 % × (1 + 10 % + 15 % + 200 %) | 16,25 % | [2] |
Les trois premiers sont les taux les plus fréquents dans les délibérations publiées ; le quatrième est le plus élevé observé, en Île-de-France [3].
Quels taux appliquent les communes en 2026 ?
Nous avons comparé les délibérations publiées dans DELTA pour 1 568 communes de l'annuaire Hospia [3]. Pour un meublé non classé, le taux le plus fréquent est de 5,5 % : 658 communes l'appliquent [3]. Viennent ensuite 5 % (208 communes) et 7,2 % (205 communes) [3].
La part communale est au maximum légal, 5 %, dans 1 109 de ces communes [3]. Les écarts viennent donc surtout des taxes additionnelles : 1 272 communes appliquent la taxe départementale, 260 une taxe de ligne nouvelle et 110 les taxes d'Île-de-France [3].
Les taux les plus bas, 1 %, se trouvent à Camoël, dans le Morbihan, et à Demi-Quartier, en Haute-Savoie [3]. Les plus hauts, 16,25 %, sont tous en Île-de-France, de Chessy et Serris, près de Disneyland Paris, à Vincennes ou Massy [3].
Combien paie-t-on dans les grandes villes touristiques ?
Le tableau reprend des villes où beaucoup de conciergeries gèrent des logements. Les tarifs sont ceux de la dernière délibération publiée, taxes additionnelles comprises.
Nice applique 5 % : sa délibération ne porte aucune taxe additionnelle [4]. Lyon ajoute les 10 % du département et arrive à 5,5 % [5]. Toulouse cumule taxe départementale et Grand projet du Sud-Ouest, d'où 7,2 % [6]. À Chessy, en Seine-et-Marne, les taxes d'Île-de-France portent le taux à 16,25 % et le tarif d'un meublé 3 étoiles à 5,53 € par personne et par nuit [7].
Pour un meublé classé 5 étoiles, l'écart est du même ordre : 3,50 € par personne et par nuit à Nice [4], 11,70 € à Chessy [7].
Comment calculer la taxe de séjour d'une nuitée ?
Le calcul se fait en trois temps : le prix par personne, le taux, puis les personnes imposables. Exemple fictif dans une commune qui applique 5,5 %, le taux le plus courant [3].
Une nuitée à 150 € hors taxes pour quatre adultes : 150 ÷ 4 = 37,50 € par personne, puis 37,50 × 5,5 % = 2,06 € par personne, soit 37,50 × 5,5 % × 4 = 8,25 € pour la nuit.
Le plafond ne change rien ici : il borne la part communale au tarif le plus élevé que la commune a voté, souvent celui des palaces, plusieurs euros par personne [1]. Il ne joue que pour des nuitées chères.
Les personnes mineures sont exemptées de la taxe de séjour [9]. Le nombre de personnes imposables est donc souvent inférieur au nombre de voyageurs : pour une famille de deux adultes et deux enfants, la taxe se calcule sur deux personnes.
Qui collecte la taxe de séjour : la plateforme ou l'hôte ?
Quand la réservation passe par une plateforme qui encaisse le paiement pour un loueur non professionnel, c'est elle qui collecte la taxe et la reverse à la commune, deux fois par an [11]. Airbnb le fait pour toutes les réservations de ces hôtes [10]. En réservation directe, c'est l'hôte, ou sa conciergerie, qui la facture au voyageur et la déclare. Les obligations de chacun sont détaillées dans le guide taxe de séjour Airbnb, Booking ou en direct.
Un logement classé paie un tarif fixe, souvent plus bas que le pourcentage d'un non classé dès que la nuitée dépasse quelques dizaines d'euros par personne. Le classement en meublé de tourisme a aussi un intérêt fiscal.
Classé ou non classé : ce que l'écart change pour un hôte
Le pourcentage d'un meublé non classé suit le prix de la nuitée : plus le logement est cher, plus la taxe monte. Le tarif d'un meublé classé, lui, reste fixe par personne et par nuit, quel que soit le prix.
À Lyon, une nuitée à 150 € pour deux adultes coûte 75 € par personne : non classé, 75 × 5,5 % = 4,13 € par personne ; classé 3 étoiles, 1,87 € par personne.
Pour un logement haut de gamme, le classement réduit donc nettement la taxe payée par le voyageur, et le prix affiché sur les plateformes devient plus compétitif. Pour un petit studio bon marché, l'écart reste faible.
Ce que l'hôte doit vérifier chaque année
Les tarifs changent quand la commune vote une nouvelle délibération, et le barème national est revalorisé chaque année [1]. Sur les 1 568 communes comparées, plus de la moitié ont voté leurs tarifs actuels en 2025 ou en 2026 [3]. Trois réflexes évitent les erreurs :
- relire le tarif de sa commune en début d'année, surtout pour un logement loué en direct ;
- vérifier la catégorie déclarée sur chaque plateforme : un logement classé enregistré comme non classé fait payer le pourcentage au voyageur ;
- en Île-de-France, vérifier que le tarif affiché inclut les taxes régionales de 15 % et 200 % [2].
Pour une conciergerie qui gère des logements dans plusieurs communes, ces écarts comptent : deux logements au même prix, à quelques kilomètres l'un de l'autre, n'affichent pas le même total pour le voyageur.
Comment connaître la taxe de séjour de ma commune ?
Le service public met à disposition un outil qui donne, pour chaque commune, les montants de la taxe de séjour et les périodes où elle est due [8]. Sur Hospia, chaque page commune de l'annuaire des conciergeries affiche aussi le taux d'un meublé non classé, le barème des meublés classés et l'année de la délibération, à côté des règles locales de location courte durée.
Questions fréquentes
Qui décide du montant de la taxe de séjour ?
Quel est le taux le plus courant pour un meublé non classé ?
Où la taxe de séjour est-elle la plus élevée ?
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?
Sources
- Service public Institution publique Taxe de séjour Consultée le
- Ministère de l'Intérieur, Direction générale des collectivités locales Institution publique Taxe de séjour Consultée le
- DGFiP Texte officiel Tarifs taxe de séjour - Delta à partir de 2024 Consultée le
- Hospia Donnée Hospia Conciergerie à Nice Consultée le
- Hospia Donnée Hospia Conciergerie à Lyon Consultée le
- Hospia Donnée Hospia Conciergerie à Toulouse Consultée le
- Hospia Donnée Hospia Conciergerie à Chessy Consultée le
- Service public Institution publique Tarifs de la taxe de séjour par commune Consultée le
- Légifrance Texte officiel Code général des collectivités territoriales, article L. 2333-31 Consultée le
- Airbnb Éditeur ou plateforme Taxe de séjour en France Consultée le
- Légifrance Texte officiel Code général des collectivités territoriales, article L. 2333-34 Consultée le