Victor Le Barbier (Hospia) En deux phrases : qu’est-ce que Danaya, et pour qui l’avez-vous conçu ?
Lassana Touré (Danaya) Danaya permet de prouver l’état d’un logement avec des photos et des vidéos prises en direct, scellées avec l’heure du serveur, impossibles à importer depuis la galerie ou à modifier après coup. Je l’ai conçu pour les propriétaires et les gestionnaires de location courte durée : vous envoyez un simple lien à votre voyageur ou à votre équipe de ménage, ils prennent les photos depuis leur navigateur sans rien installer, et vous recevez un rapport PDF que vous pouvez présenter en cas de litige.
VLB (Hospia) D’où venez-vous, et qu’est-ce qui vous a amené à Danaya ?
LT (Danaya) Je suis développeur full stack freelance depuis trois ans, et je développe Danaya seul, de la conception à la mise en ligne. L’idée est née avec l’explosion des fausses photos et vidéos générées par IA : aujourd’hui, une simple photo ne suffit plus à prouver quoi que ce soit, et ce sont les propriétaires de bonne foi qui en paient le prix lors d’un litige. Plutôt que d’essayer de détecter les faux après coup, j’ai voulu sécuriser la preuve au moment où elle est prise.
L’équipe aujourd’hui, c’est moi, avec un produit déjà utilisé par des plateformes de location.
VLB (Hospia) Quelle place occupent les locations de courte durée parmi vos clients, et qu’est-ce qui les distingue des autres ?
LT (Danaya) Les loueurs de courte durée font partie de nos utilisateurs, aux côtés de plateformes de location, d’opérateurs fibre dont les techniciens documentent leurs interventions chez les clients, et de journalistes qui s’en servent pour authentifier des images. Ce qui distingue la courte durée, c’est le rythme : un logement peut changer d’occupant plusieurs fois par semaine, avec un ménage entre chaque séjour, et les délais pour déclarer un dommage auprès des plateformes sont courts.
Il faut donc une preuve rapide à produire, datée précisément, et que n’importe qui puisse prendre sans formation, que ce soit le voyageur, l’équipe de ménage ou le gestionnaire.
VLB (Hospia) Quel problème concret d’un hôte ou d’une conciergerie réglez-vous le mieux ?
LT (Danaya) Le litige après le départ d’un voyageur. L’équipe de ménage découvre une tache sur le canapé ou un objet cassé, la conciergerie le signale, et le voyageur répond que c’était déjà comme ça à son arrivée, ou que la photo a pu être prise un autre jour. Sans preuve datée, c’est sa parole contre la vôtre.
Avec Danaya, la conciergerie envoie un lien à l’équipe de ménage avant l’arrivée et après le départ. Les photos sont prises en direct depuis le téléphone, sans import possible depuis la galerie, et chacune est scellée avec l’heure du serveur. Le gestionnaire reçoit un rapport PDF clair à joindre à sa réclamation, avec une page de vérification que n’importe qui peut consulter.
À l’heure où une photo de dégât peut être fabriquée par IA en quelques secondes, c’est ce qui fait la différence entre une simple photo et une preuve crédible.
VLB (Hospia) Pour quels profils Danaya n’est-il pas fait, ou demande-t-il un accompagnement avant de s’engager ?
LT (Danaya) Danaya n’est pas fait pour vous si vous cherchez à faire valider des photos déjà prises : tout se capture en direct, rien ne peut être importé depuis la galerie. Ce n’est pas non plus une assurance ni un logiciel complet d’état des lieux : Danaya apporte la preuve de ce qui a été photographié et de quand, mais ne rembourse rien et ne remplace pas votre checklist. Il ne vérifie pas l’identité de la personne qui prend les photos, et la position GPS est celle déclarée par le téléphone.
Pour un hôte avec un ou deux logements, le plan gratuit suffit pour essayer, m
VLB (Hospia) Que proposez-vous aux conciergeries qui gèrent les logements de leurs clients ?
LT (Danaya) Pour une conciergerie, le plan Business permet de créer autant de demandes de capture que nécessaire, logement par logement, et conserve les photos et vidéos originales en plus des rapports. La conciergerie garde entièrement la relation avec le propriétaire : c’est elle qui crée le compte, envoie les liens à ses équipes ou aux voyageurs, et transmet le rapport PDF à son client. Danaya ne contacte jamais les propriétaires.
Pour les structures qui ont leur propre logiciel, l’API permet d’intégrer la capture directement dans leurs outils. Et pour les volumes importants, nous proposons une offre sur mesure, avec un nombre de scellés mensuel et une durée de conservation adaptés.
VLB (Hospia) Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre produit depuis un an, et pourquoi ?
LT (Danaya) Le plus grand changement, ce sont les liens de capture. Au départ, c’était l’utilisateur qui scellait lui-même ses photos depuis son compte. Mais dans la location, la personne qui prend les photos n’est presque jamais celle qui en a besoin : c’est le voyageur, l’équipe de ménage ou un technicien.
Aujourd’hui, le gestionnaire crée un lien de capture pour chaque situation précise, par exemple l’arrivée d’un voyageur, un départ ou une intervention, et l’envoie à la bonne personne. Celle-ci ouvre le lien, la caméra s’ouvre dans son navigateur, sans compte ni application à installer, et les scellés arrivent directement rangés dans le bon dossier. Chaque preuve est ainsi rattachée à son contexte, et on la retrouve en quelques secondes le jour où un litige survient.
VLB (Hospia) Qu’est-ce qui arrive chez Danaya dans les douze prochains mois ?
LT (Danaya) Notre priorité pour les douze prochains mois n’est pas d’empiler les fonctionnalités, mais de rendre ce qui existe encore plus simple à utiliser au quotidien : moins d’étapes pour créer un lien de capture, des rapports encore plus lisibles pour un propriétaire ou une plateforme.
Côté marchés, nous voulons nous développer auprès des conciergeries et des gestionnaires de location courte durée en France et en Europe, tout en continuant d’accompagner les autres métiers qui utilisent déjà Danaya, comme les interventions techniques à domicile.
Et nous construisons la suite avec nos utilisateurs : si plusieurs conciergeries nous demandent une connexion avec leur logiciel de gestion, ce sera la prochaine étape.
VLB (Hospia) Comment voyez-vous évoluer la location courte durée ces prochaines années : réglementation, économie, concurrence ?
LT (Danaya) La location courte durée se professionnalise. En France, la loi Le Meur a donné plus de pouvoir aux communes et réduit l’avantage fiscal, et au niveau européen les plateformes doivent désormais partager davantage de données avec les autorités. Les hôtes occasionnels vont devenir moins nombreux, et ceux qui restent vont travailler comme de vrais professionnels, souvent en confiant leurs logements à des conciergeries.
Économiquement, les marges vont se resserrer : chaque litige non résolu, chaque dégât non remboursé pèsera plus lourd qu’avant.
Et il y a un sujet que le secteur sous-estime encore : l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, n’importe qui peut fabriquer en quelques secondes une fausse annonce, une fausse photo de dégât ou une fausse preuve d’état. Les plateformes et les assureurs vont devenir beaucoup plus exigeants sur l’origine des images. Les professionnels qui sauront prouver ce qu’ils avancent, avec des preuves datées et vérifiables, auront un vrai avantage sur les autres.
VLB (Hospia) Une erreur fréquente que vous voyez chez les hôtes ou les conciergeries, et comment l’éviter ?
LT (Danaya) L’erreur la plus fréquente, c’est de ne prendre des photos qu’après le problème. L’équipe de ménage découvre un dégât, on le photographie, mais personne n’a de photo du même endroit avant l’arrivée du voyageur. Résultat : impossible de prouver que le dommage date de ce séjour.
Pour l’éviter, il suffit d’une routine simple, avec ou sans outil : photographier les mêmes points, dans le même ordre, avant chaque arrivée et après chaque départ, en commençant par ce qui s’abîme le plus souvent, comme les canapés, la literie, les sols et l’électroménager. Et garder ces photos rangées par séjour, pas mélangées dans la galerie d’un téléphone.
Le jour d’un litige, ce n’est pas la photo du dégât qui fait la différence, c’est la photo d’avant.
VLB (Hospia) Que couvrez-vous exactement, avec quels plafonds et quelles exclusions ?
LT (Danaya) Danaya n’est pas une assurance : nous ne remboursons aucun dommage et nous n’avons ni plafond d’indemnisation ni franchise. Ce que nous apportons, c’est la preuve qui permet de faire valoir vos droits auprès d’un voyageur, d’une plateforme ou de votre propre assureur. Chaque photo ou vidéo est prise en direct, scellée avec l’heure du serveur et une empreinte numérique qui révèle toute modification, puis regroupée dans un rapport PDF avec une page de vérification publique.
Les limites dépendent de l’offre : le plan gratuit permet de tester avec quelques scellés par mois, en photo uniquement, et les plans payants ajoutent la vidéo, des volumes plus importants et la conservation des fichiers originaux.
Ce qui est exclu : les photos importées depuis la galerie, la vérification de l’identité de la personne qui capture, et la position GPS, qui est celle déclarée par le téléphone.
Enfin, Danaya ne peut pas garantir l’issue d’un litige. La décision appartient toujours à la plateforme, à l’assureur ou au juge.
VLB (Hospia) Comment un hôte déclare-t-il un sinistre, et en combien de temps est-il indemnisé ?
LT (Danaya) Danaya n’indemnise pas : l’hôte déclare son sinistre comme d’habitude, auprès de la plateforme de réservation, de son assureur ou directement auprès du voyageur. Notre rôle intervient juste avant : dès que le dégât est constaté, l’hôte ou son équipe ouvre un lien de capture et photographie les dommages en direct. Il dispose alors de deux rapports scellés, celui d’avant l’arrivée et celui d’après le départ. Il les télécharge en PDF et les joint à sa déclaration, ou partage simplement le lien de vérification.
Le délai d’indemnisation dépend ensuite de la plateforme ou de l’assureur, mais un dossier complet, daté et vérifiable dès le départ évite les allers-retours et les demandes de pièces supplémentaires, qui sont souvent ce qui fait traîner un dossier.
VLB (Hospia) Comment vérifiez-vous les voyageurs, et que se passe-t-il quand vous en refusez un ?
LT (Danaya) Danaya ne vérifie pas les voyageurs et ne refuse jamais personne : ce n’est pas un outil de filtrage ni de vérification d’identité. Nous ne jugeons pas les personnes, nous sécurisons les preuves.
Le voyageur peut d’ailleurs être lui-même acteur de la preuve : l’hôte lui envoie un lien de capture à son arrivée, et il photographie le logement tel qu’il le trouve. C’est aussi une protection pour lui, puisqu’il ne pourra pas se voir reprocher un dégât déjà présent.
Pour la vérification d’identité ou le filtrage des réservations, nous conseillons d’utiliser un outil dédié en complément de Danaya.
VLB (Hospia) Ce que vous aimeriez qu’un lecteur retienne de Danaya, en une phrase.
LT (Danaya) À l’heure où n’importe quelle photo ou vidéo peut être truquée, Danaya transforme une simple photo de votre logement en une preuve datée que personne ne peut contester.
Le site de Danaya : danaya.tech